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Défendre une approche responsable, innovante et durable

Discussion avec Antoine Toyon, fondateur de La Maison, qui nous décrit sa vision d’une approche circulaire et raisonnée et son souhait de voir La Maison certifiée « B-Corp ».

Pourquoi cette prise de conscience et cette volonté de produire de façon plus responsable ?

Alors que nous avions initié un processus de remise en question, très vite est arrivée la question du sens, primordiale. Comment donner du sens à ce que nous produisons ? Comment respecter les marques avec qui nous collaborons ? Comment mieux valoriser le savoir-faire et promouvoir des solutions innovantes ?

Ces réflexions sur le sens de nos créations ont fait naître d’autres interrogations sur notre façon de produire, et naturellement sur notre impact environnemental.

Comment mieux intégrer la question de l’écoresponsabilité dans la création ?

Nous avons d’abord abordé la question de l’écoresponsabilité avec nos clients et avec nos designers et avons senti un réel engouement. C’était un premier pas encourageant, mais parler d’écologie quand ce que nous produisons est éphémère et pensé pour promouvoir la consommation est délicat. Face à ce que l’on pourrait percevoir comme un paradoxe, nous nous sommes demandé comment concilier le sens, la qualité du travail et le respect de l’environnement.

Il s’agit de repenser tout le système : de la création jusqu’au recyclage en s’adressant à toutes les parties prenantes. Cela va notamment de la relation avec les marques, du choix et du traitement de nos fournisseurs et par extension du public.

La meilleure façon de concrétiser cet engagement était une certification. Nous avons alors cherché quel était le meilleur outil pour nous évaluer et avons décidé d’entreprendre les démarches pour être certifié « B-Corp ».

B-Corp, c’est quoi ?

« B-Corp » ou « B-Corporation » est une certification proposée par une organisation à but non lucratif de portée internationale et destinée aux entreprises. Pour l’obtenir, une société doit répondre à des exigences élevées quant à sa gouvernance, ses engagements sociétaux et environnementaux. Elle s’appuie en effet sur la conviction que les entreprises doivent s’engager sur le chemin de la durabilité car elles ont un rôle clé à jouer dans les défis que le monde doit affronter aujourd’hui.

A l’international, les entreprises certifiées comptent parmi elles Danone, Patagonia, Ben & Jerry’s. Et en Suisse Opaline, Lombard Odier, Loyco.

Concrètement, comment se déroule le processus de certification ?

La démarche de certification ne se prend pas à la légère. C’est un processus long et sérieux. Pour être certifiée, une entreprise doit obtenir une note minimale de 80 points (sur 200) au « B Impact Assessment ». L’évaluation débute en ligne, puis est soumise à B Lab, l’organisme en charge de la décision finale.

Au fil du cheminement, la société candidate fait face à de nombreux questionnements qui nécessitent souvent la transformation de ses processes. La certification recouvre de nombreux aspects de l’entreprise (gouvernance, recrutement, impact Co2, etc.). Cela nécessite une vraie remise en question qui doit s’accompagner d’actions très concrètes.

Nous avons ainsi nommé une administratrice non exécutive de la Maison, Marie Chassot. Elle aura un rôle d’audit très important : elle nous fixera tous les ans des objectifs et reviendra sur ceux fixés l’année précédente. Marie a obtenu un certificat de l’Université de Cambridge sur les questions de sustainability. Elle devient la marraine de La Maison et de l’approche circulaire et raisonnée que nous souhaitons donner à cette nouvelle structure.

Quels sont les premiers enseignements de cette démarche ?

Nous ne savons pas encore aujourd’hui si nous serons certifiés mais tous les dossiers que nous avons dû constituer nous ont fondamentalement changé et ont forgé une certitude : être responsable ou raisonné ne se mesure pas uniquement à notre impact Co2 ou à la création d’un décor recyclé. C’est une démarche globale, qui vise les enjeux environnementaux certes, mais également sociaux et humains ! Il y beaucoup de choses à changer dans les rapports professionnels, le rapport aux collectivités, les conditions de travail des fournisseurs. Nous devons aborder l’ensemble de ces sujets avec nos clients.

Et les limites d’un tel engagement ?

On ne s’improvise pas écoresponsable du jour au lendemain. La démarche comportera de nombreuses étapes et aura ses limites. C’est un projet très ambitieux mais nous ne pourrons pas être parfaits. L’important sera de progresser graduellement et consciencieusement, de se fixer des objectifs. Nous devrons nous surveiller en permanence pour nous demander comment ajouter du sens, du respect dans nos créations. C’est une remise en question permanente.